Entretien avec Manuela de Lachappelle, directrice de la R&D des Domaines Barons de Rothschild Lafite.
Directrice de la R&D des Domaines Barons de Rothschild Lafite, Manuela de Lachapelle, explore ce que la biodynamie apporte, preuves à l’appui, à la résilience des domaines bordelais et à la redéfinition du métier de vigneron.
Être une jeune femme à un poste de direction dans un grand domaine bordelais, cela suffirait déjà à vous singulariser. Ajoutez à cela : spécialiste de biodynamie et « étrangère », il n’en reste plus qu’une : Manuela de Lachapelle.
Manuela de Lachapelle, Directrice R&D des Domaines Barons de Rothschild Lafite.
Dans un contexte climatique et économique qui nous oblige à repenser nos pratiques, son rôle est crucial. Depuis Lafite, en tant que directrice de la recherche et développement viticole et œnologique des Domaines Barons de Rothschild, elle pilote des essais de biodynamie et des projets en lien avec l’agroécologie à l’échelle du groupe et de ses dix propriétés.
Manuela vient de soutenir avec succès une thèse de doctorat en viticulture et œnologie nourrie par ces expérimentations de terrain. Son titre ? « Préparations biodynamiques en viticulture : perceptions professionnelles et analyse de leurs effets sur le développement de la vigne et de la baie de raisin ».
Rassurez-vous : quand Manuela en parle, grâce à sa passion contagieuse, c’est tout sauf aride.
« La biodynamie concentre toutes les difficultés d’un changement de pratique : elle touche au sensible, au spirituel, à la manière dont on se représente la « bonne » viticulture. »
Une ingénieure agronome qui ne renie pas son héritage spirituel
Q : Qu’est-ce qui vous a amenée, en tant que scientifique, à choisir la biodynamie comme sujet de thèse plutôt qu’une approche plus « classique » de la viticulture ?
Manuela de Lachapelle: Au départ, ce n’est pas la biodynamie en elle-même qui m’attire, c’est la question du changement. Chez Lafite, nous avons lancé en 2017 des essais en biodynamie. Très vite, je me rends compte que ces essais ne sont pas seulement techniques : ils bousculent des habitudes, des représentations, parfois des convictions profondes.
La biodynamie concentre toutes les difficultés d’un changement de pratique : elle touche au sensible, au spirituel, à la manière dont on se représente la « bonne » viticulture. C’est ce qui m’intéresse : pourquoi certaines évolutions passent facilement, et pourquoi d’autres provoquent de la résistance, de la méfiance, parfois de la moquerie ? Ma thèse est née de cette tension-là, plus encore que d’une fascination initiale pour la biodynamie.
Des preuves robustes doivent soutenir les essais menés en biodynamie
Q : Vous vous situez où, personnellement, entre conviction intime, curiosité scientifique et scepticisme ?
Je ne viens pas d’une culture cartésienne, mais au contraire d’une culture sud-américaine où les syncrétismes sont très présents : on grandit dans un mélange naturel de croyances héritées, de catholicisme et de traditions indigènes. Pour moi, il n’est pas choquant que plusieurs registres coexistent.
En revanche, je travaille dans un milieu viticole français avec un fort besoin de validation scientifique, et je suis moi-même ingénieure agronome de formation.
Je me trouve donc à une intersection. D’un côté, je suis assez à l’aise avec l’idée que des dimensions sensibles ou spirituelles puissent exister ; de l’autre, je vois à quel point il est nécessaire, ici, d’apporter des preuves robustes.
Ma place, c’est de prendre au sérieux ce que les vignerons ressentent et observent, mais de le mettre à l’épreuve d’une vraie démarche scientifique : protocoles, témoins, répétitions, publications.
« (…) mes travaux m’ont montré qu’il y a des effets mesurables, reproductibles, des préparations biodynamiques sur la vigne. Rien que ce constat, « ça agit, et on peut le démontrer », change radicalement la discussion. »
Q : Comment votre regard sur la biodynamie a évolué entre le début de la thèse et aujourd’hui ?
Au début, je voyais surtout la biodynamie comme un sujet explosif à gérer : ésotérisme pour les uns, effet de mode pour les autres, voire secte pour certains. Aujourd’hui, je la vois comme un formidable révélateur.
Révélateur d’abord de nos réflexes : en France, on a un besoin très fort de validation scientifique pour légitimer une pratique. Révélateur ensuite de la puissance d’une approche systémique : en travaillant sur la biodynamie, on a ouvert mille autres tiroirs : la biodiversité, l’enherbement, les arbres, l’agroécologie, la place de l’humain dans le système.
Enfin, mes travaux m’ont montré qu’il y a des effets mesurables, reproductibles, des préparations biodynamiques sur la vigne. Rien que ce constat, « ça agit, et on peut le démontrer », change radicalement la discussion.
Les préparations biodynamiques ? Loin de tout charlatanisme, un effet mesurable
Q : Si vous deviez résumer simplement l’objet de votre thèse, quelle question vouliez-vous absolument éclairer ?
La question centrale, c’est : les préparations biodynamiques ont-elles un effet réel sur la vigne et le raisin, et si oui lequel ? Je ne travaille pas sur « la biodynamie » au sens large, mais sur une partie emblématique, et souvent contestée, de cette approche : les préparations que l’on brasse et qu’on pulvérise sur la vigne ou le sol.
L’idée est double : comprendre le regard des professionnels sur la biodynamie (représentations, réticences, croyances) et, en parallèle, conduire une étude biologique rigoureuse sur les effets de ces préparations sur la physiologie de la vigne et sur la baie de raisin.
« À Château L’Évangile, 100 % des 20 hectares du vignoble sont concernés depuis le début, en raison de la conviction des équipes en place. »
Traitements en biodynamie réalisés au Château L’Evangile avec une tisane de prêle de Pâques en mars 2025.
Q : Concrètement, comment avez-vous testé ces effets ?
Les essais se déroulent au sein des Domaines Barons de Rothschild Lafite, principalement à Lafite et Château L’Évangile.
À Lafite, nous avons mis en place un dispositif d’environ 4 hectares, en bandes alternées, sur le plateau de Carruades : une bande de vignes qui reçoit les préparations, une bande qui n’en reçoit pas. 11 autres hectares reçoivent les préparations biodynamiques sans bandes alternées. Tout le reste est strictement identique : les parcelles sont conduites en agriculture biologique, avec les mêmes traitements phytosanitaires, la même conduite de la vigne, les mêmes dates d’intervention. Le dispositif concerné par l’essai en biodynamie ne se fait pas à la marge, sur une parcelle de moindre importance. Il se fait au cœur du domaine, sur une parcelle qui historiquement entre dans le grand vin. À Château l’Evangile, 100 % des 20 hectares du vignoble sont concernés depuis le début, en raison de la conviction des équipes en place, le domaine étant passé entièrement en biodynamie dès 2017–2018, sans témoin interne.
Nous avons ensuite suivi finement la croissance de la vigne, son fonctionnement hydrique, la synthèse de certaines molécules de défense, la maturation des baies, puis le comportement des vins, en vinifiant séparément les modalités avec et sans préparations et en les dégustant à l’aveugle.
Des essais en biodynamie sont menés principalement au Château Lafite Rothschild et Château L’Évangile avec des effets mesurables sur la croissance de la vigne, des baies, puis sur le comportement des vins.
Q : Qu’avez-vous observé de manière robuste sur la vigne elle-même ?
Plusieurs résultats reviennent de façon nette :
Un retard de croissance de la végétation : la vigne produit moins d’entre-noeuds par rameau, la végétation est plus contenue. C’est comme si plusieurs métabolismes de la plante étaient « ralentis » sans que cela n’affecte la vigueur, la surface foliaire ou la mise en réserve de la plante.
Une augmentation des molécules de défense naturelle : davantage de polyphénols de la famille des stilbènes (resvératrol), qui participent à la protection de la plante contre les maladies.
Une régulation hydrique différente : la vigne se comporte comme si elle était soumise à une contrainte en eau plus forte, mais sans activer les mécanismes classiques de souffrance. Elle semble utiliser l’eau de manière plus efficace.
Un retard dans la dégradation de la pellicule des baies au cours de la maturation, ce qui maintient la baie dans un état plus « juvénile » plus longtemps et la rend moins vulnérable aux attaques de pathogènes.
Dit autrement, tout le système est légèrement décalé dans le temps : la vigne pousse un peu moins vite, se défend mieux, et le raisin mûrit selon une dynamique différente. Cela ouvre des pistes très intéressantes, par exemple pour améliorer la coïncidence entre les différentes maturités (sucre, tanins, texture, arômes) ou pour renforcer la résilience face aux stress apportés par le changement climatique.
« Six mois après la vinification, les dégustateurs étaient capables de distinguer les vins « bio » des vins « bio plus préparations biodynamiques ». En revanche, au terme de dix-huit mois d’élevage, ils n’étaient plus capables de les différencier ni au nez ni en bouche »
Q : Et dans le vin, est-ce que ces différences se perçoivent aussi ?
Oui, mais de manière subtile et évolutive.
Nous avons réalisé des dégustations à l’aveugle, en triangulaire, avec une quarantaine de dégustateurs. Les vins issus de parcelles avec préparations et ceux issus de parcelles sans préparations étaient vinifiés de façon classique, sans autre différence que la conduite à la vigne.
Six mois après la vinification, les dégustateurs étaient capables de distinguer les vins « bio » des vins « bio plus préparations biodynamiques ». En revanche, au terme de dix-huit mois d’élevage, ils n’étaient plus capables de les différencier ni au nez ni en bouche, alors même que des différences de couleur apparaissaient à ce stade dans les analyses.
L’effet des préparations sur le profil final des grands vins comme L’Évangile reste très fin par rapport à d’autres leviers (choix du bois, élevage, vinification).
Cela nous ramène à la matrice colloïdale du vin : toutes ces molécules en suspension (pectines, colloïdes…) qui influencent la couleur, la texture, le volume en bouche. Les préparations, en agissant sur la maturité de la pellicule et le fonctionnement de la plante, pourraient aussi modifier cette matrice au fil de l’élevage et il serait intéressant d’approfondir les recherches sur ce sujet en particulier.
Mais il faut être clair : l’effet des préparations sur le profil final des grands vins comme Lafite reste très fin par rapport à d’autres leviers (choix du bois, élevage, vinification, terroir). Le changement le plus profond induit par l’approche biodynamique se situe ailleurs : dans la manière de regarder son vignoble, de travailler et de produire des raisins sains.
« Nous avons enterré la même bouse dans différents contenants : plastique, argile, corne. Au déterrage, seule la bouse en corne a cette transformation spectaculaire : l’odeur de sous-bois, la texture de pâte à modeler, la disparition complète de la puanteur initiale. »
Sortir la biodynamie du rayon ésotérique pour la faire rentrer dans le champ de l’expérimentation sérieuse
Q : Quand on parle de biodynamie, on pense immédiatement à la silice de corne, à la bouse enterrée, aux calendriers lunaires. Qu’est-ce qui vous semble important à clarifier ?
Les préparations que nous utilisons sont en réalité assez simples. Sur les trois que nous employons, deux ont été formulées par Rudolf Steiner* (voir notre encadré en fin d’entretien sur le philosophe et pédagogue autrichien) : la silice de corne (du quartz broyé, mis dans une corne de vache et enterré du printemps à l’automne) et la bouse de corne (de la bouse fraîche mise en corne et enterrée de l’automne au printemps). La troisième, le compost de bouse Maria Thun, est une préparation plus récente, conçue par la chercheuse allemande Maria Thun. Le détail qui choque souvent, c’est la corne. Pourtant, quand on fait l’expérience soi-même, c’est frappant. Nous avons enterré la même bouse dans différents contenants : plastique, argile, corne. Au déterrage, seule la bouse en corne a cette transformation spectaculaire : l’odeur de sous-bois, la texture de pâte à modeler, la disparition complète de la puanteur initiale. Il se passe quelque chose dans cette corne, probablement lié à sa structure, à des enzymes, aux traces de physiologie de la vache. On ne sait pas tout expliquer, mais on voit la différence.
Je trouve important d’inviter les gens à faire ce type d’expérience plutôt qu’à juger à distance sur des images caricaturales.
Q : La biodynamie est souvent qualifiée de pseudo-science. Qu’est-ce que vos résultats changent dans ce débat ?
Je crois que le principal apport de ma thèse, ce n’est pas tel ou tel détail physiologique. C’est la confirmation scientifique que les préparations ont des effets mesurables, reproductibles, sur la vigne et le raisin.
Pendant dix ans, à Lafite, on a testé la biodynamie avec en toile de fond cette question : est-ce qu’on n’est pas en train de s’égarer dans quelque chose de purement ésotérique ? Le fait de démontrer qu’il y a des effets réels a changé l’ambiance. Tout à coup, on peut parler de stratégie de biodynamie à l’échelle du domaine. On sort du registre « croyance contre scepticisme », on entre dans celui de l’expérimentation sérieuse.
Ça ne veut pas dire que tout est prouvé, ni que tout est rationnellement explicable. Mais ça signifie que la biodynamie ne peut plus être balayée d’un revers de main comme une pure pseudo-science. Il y a des éléments qui se prêtent à la mesure, d’autres qui relèvent encore de l’hypothèse ou de l’intuition. Il faut accepter cette zone intermédiaire.
« (…) chez DBR Lafite, la biodynamie a naturellement débouché sur un projet plus large d’agroécologie, d’hydrologie, de régénération naturelle de nos vignobles. »
Climat, agroécologie, et applications concrètes à Lafite
Q : Dans un contexte de changement climatique, où voyez-vous le plus de potentiel pour la biodynamie ?
Les résultats sur la vigne montrent une résilience accrue aux stress biotiques et abiotiques : meilleure défense contre les maladies, meilleure efficience dans l’usage de l’eau, baies moins fragiles dans les phases critiques. Évidemment, cela parle à tout vigneron qui voit se multiplier les millésimes extrêmes.
Mais il faut rester lucide : les préparations ne sont qu’un levier parmi d’autres, et ce n’est probablement pas le plus puissant pour lutter contre la sécheresse. Les grandes marges de manœuvre sont ailleurs : dans la structure du paysage, la présence d’arbres, de haies, de mares, l’enherbement, la diversification des cultures.
Diverses plantes séchées seront utilisées en tisanes et pulvérisées sur la vigne en fonction du climat et des risques phytosanitaires .
C’est pour cela que, chez DBR Lafite, la biodynamie a naturellement débouché sur un projet plus large d’agroécologie, d’hydrologie, de régénération naturelle de nos vignobles.
Q : Comment vos travaux se traduisent-ils concrètement dans les domaines DBR Lafite ?
À L’Évangile, la biodynamie est appliquée sur 100 % du vignoble depuis le début, dans la continuité d’une équipe très engagée, qui avait déjà une culture ancrée du bio. À Lafite, environ 15 % du vignoble reçoit les préparations, et le dispositif expérimental est situé sur le plateau de Carruades, dans un secteur très qualitatif, choisi délibérément pour ne pas cantonner l’expérimentation aux « mauvaises » parcelles.
Le fait que ces parcelles continuent de rentrer dans le grand vin de Lafite est déjà un résultat en soi : on aurait très bien pu décider que le risque était trop grand et les basculer vers un second vin.
La prochaine étape, pour moi, c’est une stratégie systémique : penser ensemble les préparations, l’agroécologie et la biodiversité (trames vertes et bleues, arbres, mares, haies, murets, micro-forêts), la présence animale (par exemple le pâturage par des brebis), et surtout l’organisation du travail humain. Ce n’est pas un petit ajustement, c’est une redéfinition de ce que veut dire « domaine viticole ».
Un travail de conviction : d’un paysage de « mer de vigne » au retour du bon sens paysan
Q : Vous dites que la biodynamie n’est pas un truc de bobos, mais un retour au sens paysan. Qu’est-ce que vous entendez par là ?
Quand on caricature la biodynamie, on la réduit souvent à un style de vin pour cavistes urbains, ou à un discours spiritualiste de CSP+ en mal de nature. C’est l’image « bobo », très éloignée de ce que Steiner décrivait et de ce que je vois comme souhaitable pour nos domaines.
À l’origine, Steiner parle d’une ferme de polyculture : des prairies, des animaux, des cultures diverses, des arbres, des haies, l’homme. La vigne n’en est qu’un élément parmi d’autres.
En revenant à cette polyculture, on redonne de l’épaisseur au métier paysan : savoir tailler une vigne, mais aussi un olivier, une haie, gérer une mare, déplacer un troupeau de brebis, comprendre un paysage bocager, observer la nature environnante. C’est un savoir-faire concret, exigeant, qui force à penser les métiers de la vigne en relation avec leur environnement.
« Ce qui est nécessaire, c’est précisément de réhabiliter ce bon sens paysan que nous avons en partie perdu : voir la ferme comme un organisme, accepter de travailler plusieurs espèces, plusieurs strates du paysage, retrouver une forme de polyculture intelligente. »
Q : En conclusion, qu’est-ce qui vous semble le plus difficile, mais aussi le plus nécessaire, pour l’avenir ?
Le plus difficile, c’est d’accepter que la transition ne se fera pas seulement par des chiffres et des arguments techniques, mais par un patient travail de conviction qui touche à la culture, à l’esthétique, à la fierté professionnelle.
Nous demandons à une génération formée à la vigne « propre » de s’approprier un paysage plus brouillé, plus vivant, plus complexe. Nous leur demandons de passer d’une mer de vignes parfaitement alignées à un paysage de bocage viticole : des îlots de vignes entourés de haies, de micro-forêts, de murets de pierre, de mares, d’animaux. Et nous le faisons dans un contexte où le climat se dérègle, où les marchés se tendent, où chacun est déjà sous pression.
Ce qui est nécessaire, c’est précisément de réhabiliter ce bon sens paysan que nous avons, en partie, perdu : voir la ferme comme un organisme, accepter de travailler plusieurs espèces, plusieurs strates du paysage, retrouver une forme de polyculture intelligente. Entre le scepticisme de la génération précédente et l’urgence climatique, la biodynamie et l’agroécologie ne s’imposeront pas par décret. Elles s’imposeront si nous réussissons ce double mouvement : apporter des preuves là où c’est possible, et redonner envie d’un métier plus large, plus riche, plus vivant.
Encadré – Rudolf Steiner, le fondateur de la biodynamie
Philosophe et pédagogue autrichien né en 1861, Rudolf Steiner est le fondateur de l’anthroposophie, un courant de pensée qui cherche à articuler observation scientifique, dimension spirituelle et développement personnel. Dans les années 1920, à la demande de paysans inquiets de voir décliner la fertilité de leurs terres, il donne une série de conférences qui poseront les bases de l’agriculture biodynamique.
De ces conférences sont issus les grands principes de la biodynamie (ferme vue comme un organisme vivant, place centrale de l’humus, rôle des cycles cosmiques) ainsi que plusieurs des préparations aujourd’hui utilisées dans les vignobles : notamment la bouse de vache et la silice de corne. À côté de cet héritage agricole, Steiner a également inspiré la pédagogie des écoles dites « Steiner-Waldorf » et certaines approches de la médecine dite anthroposophique. Dès les années 1940, l’agronome britannique Lord Northbourne, dans Look to the Land, formalisera pour la première fois une « agriculture organique » largement inspirée des travaux biodynamiques de Rudolf Steiner. Son livre est un des textes fondateurs de ce qui deviendra, plus tard, l’agriculture biologique.
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